Inspection de l'Éducation Nationale

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Accroître l’efficacité de l’Ecole Maternelle

30 / 04 / 2015 | Jean-Claude Rolland, CPC

Le plan de lutte contre la difficulté scolaire à l’école primaire renforce l’enseignement de la langue française à l’école primaire en donnant tout son rôle à l’école maternelle, premier niveau de scolarisation.
Ces recommandations relatives aux divers aspects de la vie de l’élève à l’école maternelle doivent faire l’objet d’une attention toute particulière.

Inscription et accueil
L’inscription à l’école maternelle est un moment privilégié de dialogue avec les familles autour de l’enfant et des enjeux de la scolarisation. Il est intéressant que les parents et les enfants puissent découvrir les locaux, la classe, les personnels et l’organisation de l’école avant la rentrée.
Diverses modalités peuvent être envisagées : accueil en petits groupes au cours du mois de juin pour les enfants ayant fréquenté une structure collective ou un accueil individuel au moment de l’inscription.
Lors de la rentrée, on peut inviter les parents à rester un moment en classe.
Les dispositifs de rentrée échelonnée pour les petites sections organisés par les équipes pédagogiques n’excèdent pas deux jours et sont soumis à l’accord de l’IEN.
Il est nécessaire de rappeler aux familles que la fréquentation de l’école maternelle doit être régulière et assidue, ce qui exclut les scolarisations partielles (sauf PPS).

L’organisation des temps scolaires
L’indispensable souplesse inhérente à l’accueil de jeunes enfants ne doit pas provoquer de réduction des temps d’apprentissage.

 Les horaires
La formalisation de l’emploi du temps est un acte pédagogique majeur, il revêt un caractère obligatoire.
Les six domaines d’activités définis par les programmes 2008 doivent y figurer.
L’emploi du temps sera partagé de manière lisible et accessible avec les élèves (emploi du temps de la classe enrichi pour les plus jeunes de photographies ou de représentations des élèves en activité, en lien avec une structuration du temps accessible au niveau des élèves - la demi-journée en PS, la journée en MS et la semaine en GS)
L’accueil, les récréations, les temps de sieste ou de restauration scolaire sont des temps éducatifs. Ils sont organisés et exploités dans cette perspective par ceux qui en ont la responsabilité.

 L’accueil du matin
L’accueil permet à l’enfant tout au long de sa scolarité, d’acquérir et de construire progressivement sa posture d’élève. C’est un « sas » entre le monde de la famille et celui de l’école.
Limité dans le temps, il se tient habituellement dans la classe, il ne saurait excéder 15 à 20 min. Il est parfois utile d’expliquer aux parents que l’arrivée à l’heure est importante pour la vie de la classe. L’école maternelle est le premier lieu où l’on découvre une vie sociale structurée et régulée par des règles strictes. Il est souhaitable aussi d’expliquer aux familles les raisons de cette exigence, de présenter une entrée dans les apprentissages dès la période d’accueil.
Ce temps d’accueil se doit d’être organisé ; pour cela, la présence de l’enseignant doit être effective au moins 10 minutes avant l’arrivée des enfants afin que tout soit prêt à une réelle entrée dans des apprentissages, ce qui implique une préparation des activités proposées pendant l’accueil et une évolution de celles-ci tout au long de l’année (des ateliers langage peuvent être proposés). Les traces produites par les élèves pendant ce temps d’accueil peuvent faire l’objet d’une exploitation pédagogique.

 Les rituels
Les rituels ne se répètent pas à l’identique, ils évoluent durant l’année et le cycle. De courte durée car adaptés à la capacité d’attention de jeunes enfants, ils peuvent être répartis sur divers moments de la journée ; seul l’appel doit être présent en tout début de regroupement : c’est l’entrée dans la vie du groupe classe. Ils ne se justifient que par les apprentissages sous-jacents, ils développent des compétences identifiées et font l’objet d’une programmation. Ils doivent pouvoir s’adresser à tous.

 La collation
L’organisation d’une collation collective à 10 heures est à supprimer. Si l’on tient à la proposer à certains élèves, les moments les mieux adaptés sont ceux du centre de loisirs ou de l’accueil.
Dans une période où il est important de lutter contre l’obésité et les bonnes habitudes alimentaires, il est recommandé d’espacer cette prise alimentaire de plus de 2 heures du repas de midi. Il est donc important de positionner plutôt ce goûter à l’accueil du matin. Il ne s’adressera alors qu’aux enfants n’ayant pas pris de petits déjeuners et avec des produits parfaitement adaptés.
Il est important aussi d’expliquer ce changement aux familles dans un conseil d’école ou en réunion de parents, l’expérience prouvant que c’est parfois un sujet sensible.
Cela n’exclut pas des actions d’éducation nutritionnelle et d’éducation au goût en relation avec un projet de classe, à titre ponctuel.

 Les récréations
La journée scolaire ne doit pas excéder 5 heures15 et la matinée 3 heures 30. A l’école maternelle, le temps consacré à la récréation et aux servitudes qui l’accompagnent (déshabillage/habillage, déplacements et passage aux toilettes) est compris entre 15 et 30 minutes par demi-journée (article 4 de l’arrêté du 25 janvier 2002).
Sur une matinée de 3 heures 30, les récréations peuvent être plus courtes, échelonnées (en 2 fois), toujours éloignées de la dernière ½ heure, pour permettre un véritable temps de structuration avant l’heure de la sortie.
Une matinée ainsi rallongée implique aussi une réflexion d’équipe sur le domaine « Agir et s’exprimer avec son corps » (son positionnement dans le temps - pour une rupture avec les apprentissages cognitifs -) et une éventuelle collation (à la demande, pendant l’accueil).

 La sieste
A l’école maternelle, la journée est organisée de manière à permettre aux enfants de toute petite et petite sections de faire la sieste juste après le déjeuner. La sieste répond en effet à un besoin physiologique fondamental des jeunes enfants - un tout-petit ayant un minimum de 12 heures de sommeil par jour -. Elle contribue à l’équilibre psychologique, moteur, affectif et cognitif de l’enfant et lui permet d’être dans les meilleures dispositions pour apprendre et découvrir.

Les chrono-biologistes privilégient la sieste positionnée le plus rapidement après le déjeuner, sans attendre la fin de la pause méridienne, ni le temps de récréation avant le coucher. Durant l’année scolaire, il est nécessaire d’envisager une diminution progressive de la durée de la sieste pour les élèves concernés.

La sieste des élèves de 2 et 3 ans prime, sauf exception, sur toute autre activité. Pour les élèves de moyenne section, elle n’est pas obligatoire. Cela dépend des besoins : le mois de naissance, la demande des familles… Et peut évoluer durant l’année. Il peut être proposé un moment de repos, les élèves n’étant pas forcément couchés, mais pouvant être regroupés dans un endroit calme avec des activités d’écoute, une lecture. En tout état de cause : un enfant qui ne dort pas au bout de 20 minutes doit pouvoir se lever. Pour les élèves de grande section, la pratique systématique de la sieste est exclu.

Le temps de sieste débutant pendant la pause méridienne est de la responsabilité des communes. Il passe sous la responsabilité des enseignants pendant le temps scolaire. Suivant l’organisation des communes, le personnel peut être différent entre le début et la fin de la prise en charge de la sieste. Il s’agit alors de prévoir un cadre pour assurer la sécurité des élèves : établir la liste des élèves présents quotidiennement, la transmettre à qui de droit. Il faut aussi se préoccuper des besoins affectifs des enfants en leur expliquant que les personnes qui vont les prendre en charge, peuvent être plurielles. L’enfant doit se sentir en sécurité, et doit être en mesure d’identifier les personnes qui s’occupent de lui.

 Le passage aux toilettes
Une sensibilisation aux questions d’hygiène et de santé permet aux enfants de
comprendre la nécessité de respecter l’intimité de chacun, l’intégrité de son corps et celui des autres.
Il arrive parfois que des enfants qui se rendent aux toilettes chez eux de manière
autonome perdent cette autonomie à l’école ou préfèrent « se retenir » que de passer aux toilettes de manière collective.
Cette problématique de l’hygiène doit faire l’objet d’une réflexion de l’équipe en
conseil des maîtres car sa mise en oeuvre est spécifique à chaque école en fonction des locaux.
Les pratiques usuelles de passage collectif aux toilettes (type « petits trains »)
devront évoluer rapidement vers des dispositifs qui favorisent l’autonomie des
jeunes élèves. Une progressivité devra permettre une évolution du passage collectif aux toilettes vers des passages individuels autonomes.

 L’enseignant et l’ATSEM
Les ATSEM jouent un rôle important, elles font partie intégrante de la communauté
éducative et participent au projet d’école. Une explicitation claire des missions et
du rôle des ATSEM sera rappelée lors du premier conseil d’école de façon à
montrer la cohérence éducative des actions et des acteurs.

Ces recommandations sont de nature à favoriser la mise en oeuvre des programmes en conservant les temps d’exposition aux apprentissages nécessaires aux élèves.
En effet au coeur des problématiques pédagogiques (prévention de l’illettrisme) et
éducatives (devenir élève), l’école maternelle joue un rôle central pour tous les
enfants de 3 à 6 ans.
La mise en oeuvre des programmes, l’enseignement de la langue orale, l’entrée dans l’écrit, la construction du nombre, le devenir élève… Sont autant de réflexions à mener et approfondir.
Les APC dès la PS, le fonctionnement de la classe (gestion du temps, de l’espace, le « parler professionnel » du maître, les situations de langage…) constituent des
sujets d’étude au sein des équipes pédagogiques, pour renforcer encore l’efficience de l’école maternelle.

 

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