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À propos de Narramus - Scénario ritualisé Jaurès N.

03 / 02 / 2020 | Jean-Claude Rolland, CPC | Philippe Fernandez, CoREP

Dans le cadre des formations REP+ et celui des formations école sur Jaurès Sud, Martine ABELA, directrice d’école d’application, maitre formateur a proposé une intervention concernant la pratique de Narramus.
- Voir aussi : Cahiers pédagogiques N° 553 - Pédagogie de l’oral

NARRAMUS de Sylvie Cèbe et Roland Goigoux

« Enseigner la compréhension doit être une priorité dès le cycle 1, parce que les compétences précoces en compréhension d’implicite sont d’excellents prédicteurs de la réussite scolaire. Les recherches sur ce sujet sont récentes (années 80) et unanimes : 20% d’élèves ont une difficulté à entrer dans la compréhension à la fin du cycle 2, contre seulement 4% en décodage. Ils sont souvent issus de milieux défavorisés, du fait de pratiques langagières différenciatrices, même s’il ne faut pas caricaturer les pratiques dans les milieux populaires, qui peuvent être très variées (tous les enfants entendent raconter des histoires...). Ces difficultés sont souvent peu visibles dans les évaluations. »

Voir : Sur Centre Alain Savary - Ifé : Narramus : un outil pour apprendre à comprendre et à raconter

Les principes
Cette collection s’inscrit dans la lignée de Lectorino & Lectorinette et de Lector & Lectrix. L’objectif principal est d’apprendre à comprendre les récits écrits et de savoir les raconter.
Toute la méthode est donc organisée pour “Apprendre à raconter” :

  • Mémoriser le vocabulaire
  • Acquérir des tournures syntaxiques
  • Retenir les idées principales
  • Comprendre l’implicite du récit
    la double ambition de Narramus est d’apprendre à comprendre et d’apprendre à raconter car “l’influence des compétences initiales des élèves en compréhension de textes entendus sur la qualité de leurs futurs apprentissages en lecture” est aujourd’hui démontrée par la recherche.

En accord avec les programmes de maternelle qui soulignent : “s’exprimer dans un langage syntaxiquement correct et précis ; reformuler pour se faire mieux comprendre ; pratiquer divers usages du langage oral (raconter, décrire, évoquer, expliquer, questionner, proposer des solutions, discuter un point de vue) ; comprendre des textes écrits sans autre aide que le langage entendu“. En effet, les élèves vont apprendre “avec l’aide de l’enseignant, à utiliser le langage pour parler de ce qui n’est pas présent, évoquer des évènements passés ou des projets, explorer la compréhension d’une histoire“.
Le langage d’évocation relève d’un apprentissage explicite que Narramus permet d’orchestrer. Il permet également de créer un lien avec les familles car les enfants se voient distribuer le petit matériel pour pouvoir raconter à la maison l’histoire qu’ils ont étudiée en classe.

Les fondements théoriques de la méthode
En maternelle, nous pratiquons tous la lecture offerte. Permettre aux enfants d’être en contact quotidiennement avec des histoires lues par l’adulte est important. Cependant, cette pratique en tant que telle, n’est pas suffisante. Les auteurs considèrent qu’une lecture partagée doit prévoir :

  • des discussions systématiques pour favoriser un traitement en profondeur du texte étudié
  • de faire réaliser des tâches cognitives de haut niveau (inférer, raconter)
  • de développer le vocabulaire
    Ce qui se pratique régulièrement dans les milieux favorisés est bien moins présent dans les milieux populaires. D’où l’importance de l’école maternelle pour compenser ces inégalités sociales.

Dans ce but, Narramus définit 4 cibles :

Les compétences narratives en réception
Il s’agit de la “fabrication d’un dessin animé” ou comment créer une représentation mentale non verbale d’un récit lu. C’est pourquoi dans Narramus, le récit (lu et raconté) est systématiquement présenté AVANT l’illustration qui viendrait parasiter l’information linguistique si elle était montrée simultanément.
Les compétences narratives en production
C’est à dire, développer le langage d’évocation. La compréhension du récit est indissociable de la mémorisation des idées du texte. Dans Narramus, elle est facilitée par les synthèses provisoires en fin de module et par l’utilisation de supports variés : tapis d’histoire, mime, théâtre.
Les auteurs soulignent l’importance de faire raconter/reformuler par un seul élève, car les évaluations menées montrent qu’à l’issue d’une restitution collective, “rares sont les élèves qui sont effectivement capables de la raconter seuls du début à la fin, sans oublier d’épisode“.
Les compétences lexicales et syntaxiques
La recherche confirme ce que nous pressentons en tant qu’enseignants, à savoir qu’il existe une “forte relation entre la quantité de lexique et la qualité de la compréhension entendue“. Malheureusement, ces acquis sont en lien direct avec le milieu social de chaque enfant. C’est pour compenser ces différences de milieu que l’école maternelle doit mettre en place un enseignement systématique, régulier et explicite. Dans Narramus, l’enseignant définit explicitement le vocabulaire avant la lecture de l’épisode suivant. Pour mémoriser ce vocabulaire, on range dans une boite de mots (dans sa tête, la boite illustre dans ce cas la mémoire de chaque enfant, ou collectivement dans une boite qui servira de référent à la classe), le vocabulaire appris.
La mémorisation de vocabulaire nouveau est intrinsèquement liée à sa fréquentation, à sa mise en relation avec d’autres mots déjà connus (plus on a de vocabulaire, plus on est en capacité d’accroitre ce vocabulaire). Les auteurs insistent sur l’importance de relier un même mot à plusieurs autres de la même catégorie ou de catégories différentes. Ils conseillent également d’associer un mot de vocabulaire à un geste le représentant (dictées motrices).
Les compétences inférentielles
La compréhension de l’implicite nécessite une capacité à “inférer des relations entre les pensées d’un personnage et ses comportements“. C’est pour cela qu’à chaque nouveau module, l’enseignant est invité à faire imaginer aux enfants ce que pense/ressent/croit le personnage.

La place du numérique dans la méthode Narramus
Un vidéo projecteur est souhaitable. Bien entendu, on peut toujours essayer de contourner son absence en imprimant les illustrations sur un support A3 (ce qui demande du temps de préparation et nécessite tout de même de pouvoir imprimer en A3 et en couleur). Pouvoir projeter les illustrations, le texte, les petites animations sur un grand écran est un véritable plus, d’autant que la plupart du temps, nous travaillons en groupe classe. La projection permet donc de s’assurer de capter l’attention de tout le monde.
Utilisation en classe
Chaque scénario Narramus (comprendre par scénario, l’étude d’un album) est découpé en 10 modules. Comme le disent les auteurs, chaque module peut lui-même être découpé en 2 voire en 3 sous-modules. En moyenne, ils considèrent qu’un scénario Narramus représente une vingtaine de moments de travail répartis sur 4 semaines.
Chaque module en 2 fois, à raison de 2 modules par semaine.

PNG - 3.2 ko

Scénario ritualisé réalisé par Martine Abéla, DEA Maternelle J. Jaurès nord

Séance 1
La boite à mots : vocabulaire en amont

Séance 2
Revoir le vocabulaire
Lecture de la 1ère page (sans illustration) : les élèves se fabriquent les images mentales
Narration de la 1ère page avec ses propres mots (sans illustration)
Comment avez-vous imaginé l’image ? validation avec l’illustration

Séance 3
Revoir le vocabulaire
Imaginer la suite
Jeu de la 1ère page (maquette, marottes, masques …) : 1 seul élève (la classe complète ou corrige)

LE MACHIN VIDEO

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Le machin - S. Servant, C. Bonbon - Didier Jeunesse, 2017

Séance 4
La boite à mots : vocabulaire en amont

Séance 5
Revoir le vocabulaire
Lecture de la 2ème page (sans illustration) : les élèves se fabriquent les images
Narration de la 2ème page avec ses propres mots (sans illustration)
Comment avez-vous imaginé l’image ? validation avec l’illustration

Séance 6
Revoir le vocabulaire
Imaginer la suite
Jeu de la 2ème page (maquette, marottes, masques …) : 1 seul élève (la classe complète ou corrige)

 

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